Les délégués du syndicat Sud collectivités territoriales de Saint-Herblain ne comprennent pas pourquoi Bertrand Affilé, le maire socialiste de la ville, vote en faveur de ce dispositif quand il est vice-président de Nantes métropole, mais ne le propose pas dans la commune qu’il dirige.

David Jannin, Anne Rougier et Aurélien Cormier, membres du bureau du syndicat Sud collectivités territoriales de Saint-Herblain. | OUEST-FRANCE
Article OUEST-FRANCE Stéphanie LAMBERT
Ils ne comprennent pas la logique. Les délégués du syndicat Sud collectivités territoriales de Saint-Herblain se demandent pourquoi, d’un côté, le maire socialiste, Bertrand Affilé, ne propose pas la prise en charge des règles douloureuses dans la ville qu’il dirige, alors qu’il la vote avec sa casquette de vice-président de Nantes métropole. Dans cette collectivité, depuis le 1er janvier, sur présentation d’un certificat médical, les agentes bénéficient du congé menstruel, qui peut prendre la forme de jours de télétravail ou d’une autorisation spéciale d’absence. D’autres communes de gauche (Indre, Rezé, Orvault ou Nantes) comme de droite (Saint-Sébastien-sur-Loire), l’ont mise en place.
« Cette incohérence est perçue comme une trahison des agentes qui représentent, pourtant près de 70 % des effectifs de la Ville », dénonce David Jannin, secrétaire du syndicat Sud. Celui-ci continue sans relâche, depuis 2023, de le réclamer pour Saint-Herblain, deuxième plus grosse ville de l’agglomération.
« Saint-Herblain reste figée »
« La municipalité continue de rejeter cette proposition, prétextant un cadre législatif insuffisant pour agir », poursuit Aurélien Cormier, membre de Sud. Une proposition de loi socialiste, émise en 2023, a été rejetée début 2024 par le Sénat. Depuis, il y a comme un vide juridique. En Isère, la préfète Catherine Séguin a par exemple demandé l’annulation pure et simple des délibérations municipales jugées illégales, aux communes qui proposaient d’instaurer ce congé.
« C’est faux de dire qu’on le refuse. Nous sommes d’accord sur le fond. Simplement, on attend le décret », enfonce Driss Saïd, adjoint au maire de Saint-Herblain, en charge des ressources humaines. Pas Nantes métropole ? « Ce sont deux collectivités différentes, qui ont chacune leur stratégie. La nôtre est que la délibération doit s’inscrire dans un cadre réglementaire », balaye Driss Saïd. Il précise qu’un groupe de travail est en cours, avec la médecine préventive, afin de trouver des solutions pour faciliter les conditions de travail des femmes, sans passer par les autorisations spéciales d’absence.
Des arguments peu convaincants pour les délégués syndicaux, qui soupçonnent des motivations économiques. Pourtant, à Orvault, onze femmes y ont eu recours en un an, laissant penser qu’il n’y a pas d’effet d’aubaine, comme le rapportait le maire écologiste Jean-Sébastien Guitton.« Pendant que d’autres villes font des pas historiques en faveur de l’égalité femmes-hommes, Saint-Herblain reste figée », déplore Anne Rougier, membre de Sud. D’ici la fin du mandat, peu de chances qu’il y ait la moindre évolution.