Congé menstruel à la Ville de Saint-Herblain

SUD Collectivités Territoriales de Saint-Herblain
2 rue de l’hôtel de Ville 44800 Saint-Herblain

Monsieur Bertrand Affilé
Maire de Saint-Herblain

BP 50167
44802 Saint-Herblain

Saint-Herblain, le 17 avril 2024


Objet : Congé menstruel à la Ville de Saint-Herblain

Monsieur le Maire,

Le syndicat SUD revendique sans relâche depuis mars 2023 la mise en place d’un congé menstruel à la Ville de Saint-Herblain. C’est un combat qui nous tient à cœur.

Nous espérions qu’une décision soit prise en ce sens au conseil municipal d’hier 16 avril 2024.

L’adjoint au personnel s’y était engagé au conseil municipal de décembre 2023, affirmant ainsi une volonté d’engagement de la Ville à ce sujet. Malheureusement lui et le Maire ont rappelé qu’ils souhaitaient respecter à la lettre le cadre législatif qui n’a pas encore été statué favorablement à ce sujet.

Pourtant des municipalités (pour certaines du même parti politique) ont bravé ce cadre législatif afin d’accélérer le processus menant à une égalité femmes/hommes.

Se placer ainsi en pointe du progrès social, c’est le courage commun qu’on peut trouver à Lyon comme à Orvault, ou bientôt à Tours.

Plus nombreuses seront les collectivités à prendre cette mesure, plus l’État sera poussé à la mettre officiellement en place au niveau national.

C’est aussi pourquoi nous poussons nos élu·es à œuvrer en ce sens, non seulement pour réparer ce retard archaïque en matière de droit et de reconnaissance pour les femmes, mais aussi pour contribuer nationalement à ce progrès aussi essentiel que nécessaire en 2024.

Il ne s’agit pas simplement de le souhaiter, -il y a d’ailleurs unanimité en ce sens à Saint-Herblain-, mais de le mettre en place, que cela devienne une réalité mensuelle pour les femmes concernées.

Le maire et son adjoint se retranchent derrière la loi pour ne pas s’y engager. Pas de combat, même noble ; le respect du cadre prime sur les avancées sociales en faveur des femmes.

« Dura lex sed lex » (la loi est dure, mais c’est la loi). Voici la sentence prononcée par le Maire lors du conseil municipal.

Mais pas seulement. Monsieur le Maire a ajouté que le nouveau trésorier en charge de la distribution des salaires à la Ville était particulièrement pointilleux, pouvait assister aux débats municipaux, et potentiellement retirer leur salaire aux agentes qui bénéficieraient de ce congé menstruel s’il venait à être mis en place à Saint-Herblain.

Cet argument pour le moins surprenant afin de justifier le refus de mise en place du congé menstruel nous a soufflés.

Faut-il en déduire qu’une avancée sur le droit des femmes serait dépendant du caractère plus ou moins « rigide » d’un trésorier ? Peut-on préjuger d’une réaction d’un agent public pour orienter dans un sens contraire une avancée sur le droit du travail aussi importante ?

On pourrait même croire que cela sous-entend indirectement une tendance misogyne de cet agent public, ou à tout le moins une insensibilité humaine marquée.

Nous n’aimerions pas, nous Sudistes, femmes et hommes, être ainsi instrumentalisés pour justifier une telle (absence) de décision.

Nous n’incriminons par le Maire ni son équipe, mais nous regrettons cet excès de prudence et renouvelons notre revendication :

« Monsieur le Maire de Saint-Herblain, au nom des agent·es de Saint-Herblain, le Syndicat SUD vous demande de mettre en place dans le cadre des ASA le congé menstruel lors du prochain conseil municipal de juin 2024 ».

Veuillez agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Pour le bureau de SUD

David JANNIN               Aurélien CORMIER

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